[Saison culturelle BU mars-avril 2022] L'intelligence artificielle


L’intelligence artificielle est de plus en plus présente dans nos vies. La plupart du temps, elle ne dit pas son nom et se contente de se rendre indispensable au quotidien : sous la forme d’algorithmes de recommandation de contenus culturels, musicaux, ou encore dans les moteurs de recherche, la publicité et les réseaux sociaux. Cette omniprésence s’accompagne d’une aura de mystère, nourrie par des fantasmes d’émergence d’une intelligence dite « forte », qui serait comparable à celle des êtres humains. La science-fiction influence de manière considérable les représentations que nous avons de ce domaine, alors que la réalité scientifique sous-jacente se révèle complexe et surprenante.

Cette saison culturelle se donne pour objectif de proposer une meilleure compréhension de ce qu’est réellement l’IA : la plupart du temps, nous appelons IA les algorithmes capables d’un certain degré d’autonomie, de prendre des décisions. Mais à partir de quel niveau d’indépendance ou d’éloignement vis-à-vis des consignes du développeur considère-t-on que naît un programme « intelligent » ?

Ce domaine recouvre des réalités multiples, un ensemble d’outils et d’approches très différents, des domaines d’application en nombre toujours croissant, et dont la définition ne pose rien de moins que le problème de la définition de l’« intelligence » et de l’éventuelle spécificité humaine. Ses enjeux éthiques, épistémologiques et sociétaux sont colossaux, et posent la nécessité d’un meilleur dialogue entre les sciences formelles et les sciences sociales, mais également entre le monde de la recherche et celui des entreprises qui innovent dans ce domaine.

Au fil des événements de cette saison se dessineront ces enjeux et de nouvelles lignes de compréhension, invitant à un approfondissement du dialogue proposé entre recherche, technologie et société.



 Coordination scientifique


Eva Fourel est doctorante à l’Université Paris-Nanterre. Après un double parcours en droit à SciencesPo et en épistémologie à la Sorbonne, elle a cofondé le laboratoire pluridisciplinaire AxiomaVox, se donnant pour objet une meilleure application de l’IA aux sciences humaines et sociales grâce à l’IA explicable. Elle travaille désormais dans le cadre de sa thèse sur l’application de ces travaux à l’analyse des décisions de justice par l’IA et ses conséquences épistémologiques.

 


Programme


 

Mis à jour le 22 mars 2023